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Mobilisation pour sauver les hôpitaux du GHRE à Dinan

Dinan

Le syndicat SUD Santé Sociaux du Groupement Hospitalier Rance Émeraude (GHRE) a déposé un préavis de grève local pour la journée du jeudi 8 octobre 2026

La déclaration

 nous souhaitons nous rassembler dans l’entrée du Centre Hospitalier de Dinan en intersyndicale avec la CGT et le collectif unitaire. 
Ce préavis couvre l’ensemble des personnels médicaux, paramédicaux, techniques, administratifs et logistiques du GHRE souhaitant participer au mouvement, titulaires, stagiaires et contractuels.
Ce préavis est déposé afin de dénoncer la dégradation de l’accès aux soins sur le territoire de Dinan–Saint-Malo–Cancale, la suspension partielle de l’activité des urgences de Dinan, les conséquences de cette situation sur les conditions de travail des professionnels et l’absence de garanties concrètes concernant l’avenir des deux établissements publics.

Bref historique

Le 3 juin 2026, l’Agence régionale de santé (ARS) suspendait partiellement, jusqu’au 30 septembre, l’autorisation de médecine d’urgence pour le service des urgences et le SMUR de Dinan.
Cette décision a suscité une forte mobilisation de la population, des personnels hospitaliers, des syndicats et des élus locaux.
Le 11 juin 2026, près de 1 200 personnes manifestaient à Dinan pour exiger :

Début septembre, l’ARS annonçait une réouverture des urgences de Dinan 24h/24 limitée à quatre jours sur septembre, du lundi au jeudi, à compter du 2 novembre, sans remise en service du SMUR la nuit. 
Une réouverture complète ne serait envisagée, au mieux, qu’au premier trimestre 2027.
Pour SUD Santé Sociaux, cette situation ne peut constituer une réponse acceptable aux besoins de la population.

L’accès aux soins urgents ne peut dépendre du jour de la semaine

Les habitants de Dinan, de Saint-Malo, de Cancale et des communes environnantes doivent pouvoir bénéficier d’un accès égalitaire à des soins de qualité, dans des conditions de sécurité adaptées.

La restriction de l’activité des urgences de Dinan entraîne des répercussions sur l’ensemble du GHRE

Les équipes des urgences de Saint-Malo doivent absorber une activité supplémentaire, dans un contexte où les professionnels alertent déjà sur le manque de personnel, la surcharge de travail et la dégradation de leurs conditions d’exercice.
Cette situation affecte également les services d’hospitalisation d’aval et les services supports, tandis que les agents de Dinan restent dans l’incertitude quant à l’avenir de leurs postes, de leurs unités et de leurs missions.

Nous refusons que la réorganisation de l’offre de soins se traduise par une dégradation des conditions de travail, une perte de moyens humains ou une remise en cause des missions des services publics hospitaliers.
La sécurité des patients et la santé des professionnels doivent rester des priorités absolues.
SUD Santé sociaux

Le 29 juin 2026, l’abandon du projet de restructuration de l’offre publique de soins, élaboré depuis 2021, a laissé notre territoire sans réponse claire concernant l’avenir de ses établissements hospitaliers.
Aujourd’hui, un nouveau projet est annoncé, avec un dépôt prévu au ministère à la mi-novembre.


SUD Santé Sociaux dénonce les choix de l’Agence régionale de santé (ARS), qui autorise le développement des activités des cliniques privées sur le territoire, alors que les hôpitaux publics subissent des restrictions d’activité et manquent de moyens.
Cette politique pose une question fondamentale : quelle place l’ARS entend-elle réellement réserver à l’hôpital public ?
Lorsque les établissements publics doivent réduire leur offre de soins tandis que des établissements privés sont autorisés à développer leurs activités, cela crée une concurrence entre deux secteurs qui ne disposent pas nécessairement des mêmes contraintes, des mêmes missions ni des mêmes conditions de fonctionnement.
L’hôpital public doit pourtant assurer des missions essentielles : accueillir toutes et tous, garantir la continuité des soins et répondre aux besoins de la population, y compris lorsque les prises en charge sont complexes ou peu rentables.
Nous refusons que l’hôpital public soit progressivement fragilisé au profit du secteur privé lucratif.
La réduction des capacités publiques, la fermeture de services et le transfert progressif de certaines activités vers le privé font peser un risque majeur sur l’égalité d’accès aux soins et sur l’avenir de notre système de santé.

La santé ne doit pas être soumise à une logique de concurrence et de rentabilité. Elle doit répondre aux besoins de la population, et non aux seules contraintes
budgétaires ou aux intérêts économiques.
Nous dénonçons une évolution qui, si elle se poursuit, pourrait conduire à l'affaiblissement durable des hôpitaux publics et à une privatisation croissante de l’offre de soins.
L’ARS doit garantir un accès égalitaire aux soins et défendre les missions du service public hospitalier, et non organiser une évolution qui risque de le marginaliser.
Nous exigeons un véritable projet hospitalier public territorial, financé à la hauteur des besoins de santé de la population, garantissant le maintien et le développement des activités publiques à Dinan, Saint-Malo et Cancale.

Revendications 

Nous refusons la mort programmée des services publics hospitaliers. 
Nous refusons que la santé devienne un marché. 
Nous défendons un hôpital public accessible à toutes et tous !


Le Groupement Hospitalier Rance Emeraude regroupe les hôpitaux de Cancale, Dinan et Saint-Malo

En juillet 2026, la Haute Autorité de Santé (HAS) a officiellement retiré sa certification (qualité et sécurité des soins) au Groupe Hospitalier Rance-Émeraude (GHRE).
Cette non-certification a été officialisée début juillet 2026. L'établissement dispose désormais d'un délai de deux ans pour corriger les dysfonctionnements et tenter de regagner cette certification.
Cette annonce s'ajoute à l'abandon récent du projet de construction d'un nouvel hôpital commun à Saint-Jouan-des-Guérets

Cette perte met en lumière des problèmes structurels signalés de longue date, notamment la vétusté de certains locaux qui impactent les conditions d’accueil, de sécurité et d'intimité des patients.

Les conséquences pour un GHRE déjà fortement endetté

Cette privation de certification entraîne des pertes financières importantes pour le groupement, estimées à un manque à gagner de l'ordre de plusieurs millions d'euros d'aides.