Baromètre de l'Éducation Nationale 2025, la réalité des personnels face aux discours
Avec 53 209 réponses cette année, le baromètre de l'UNSA Éducation permet de prendre du recul, de mesurer les tendances de fond et le bilan est sans appel.
L’école publique est le ciment de la démocratie. S’il se fissure, c’est toute la société qui se fragilise.
C’est par ces mots que l’UNSA Éducation a dévoilé les résultats de la 13ᵉ édition de son baromètre des métiers.
Depuis plus de dix ans, ce baromètre est un outil unique d’observation : il donne la parole à celles et ceux qui font vivre l’éducation, la jeunesse, la recherche, la culture et le sport.
Des métiers aimés, mais de plus en plus fragilisés par les années Macron
Les personnels aiment leur métier (90%), mais ils ne sont plus que 73% à se dire heureux de l’exercer, contre 81% en 2018.
Une baisse qui fait écho à l’alerte sur les conditions de travail qui sont jugées insatisfaisantes par 67% des répondants.
Des personnels de plus en plus nombreux à souhaiter quitter le métier d'enseignants
37% des personnels souhaitent exercer un autre métier du secteur public et 25% sont prêts à se diriger vers le secteur privé.
Si tous ces indicateurs se dégradent depuis plusieurs années, c’est bien le bilan des politiques menées : décrochage du pouvoir d’achat, surcharge de travail, perte de sens et sentiment d’abandon.
67 % estiment manquer de reconnaissance et de respect.
Ce désaveu sans appel de toute une profession mérite une réponse
À peine 6 % des personnels approuvent les orientations actuelles.
C’est le rejet d’un cap, d’une méthode et d’une vision politique.
Ce résultat est un message clair adressé au Premier ministre qui vient d’être nommé, au gouvernement qui s’installe, aux parlementaires et à toutes celles et ceux qui aspirent à diriger.
Ils ne peuvent plus nier la réalité.
Ils ne peuvent plus ignorer ce qu’il faut faire pour le système public d’éducation.
Des priorités connues qui n’ont pas changé depuis dix ans
- pouvoir d’achat,
- charge de travail,
- perspectives de carrière,
- respect.
D'autres moins connues exigent une réponse politique claire et lucide
- La santé des personnels -qui n'ont pas de médecine du travail*-, mise à mal par des conditions d’exercice dégradées, des outils et des postes de travail inadaptés;
- Les réalités ultramarines, où les inégalités sont encore plus criantes et appellent une réponse nationale forte;
- La santé scolaire et l’accompagnement social, alors que le manque de moyens et de reconnaissance pour les personnels est une véritable bombe à retardement pour la réussite des jeunes, mais aussi pour la santé publique et les finances de demain.
Tous ces sujets sont au cœur de l’avenir du service public d’éducation. Ils attendent une réponse politique. Car sans action concrète, tous les discours sur l’attractivité ne resteront que de simples slogans.
Pour un système éducatif juste et émancipateur
Les résultats sont clairs, y compris sur ce que devraient être les politiques d’éducation, de formation, de jeunesse et de recherche :
Nos collègues veulent des choix tournés vers l’avenir, pour un système d’éducation et de formation qui soit juste, garantisse l’égalité et l’émancipation individuelle et collective.
Ils refusent les discours nostalgiques qui fantasment une système éducatif public qui n’est pas le leur.
UNSA Education
Ceci peut sembler incroyable, mais les personnels du Ministère de l’Éducation Nationale n'ont pas accès à la médecine du travail. Bien qu'ils soient au contact de ce que la Nation a de plus précieux, l'enfance, la jeunesse, rien n'est organisé pour que les enseignants bénéficient d'un suivi psychologique régulier...
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NLR