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36ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, de nombreuses craintes

La sarcophage du réacteur 3 de la centrale de Tchernobyl (image AIEA) -AGENDAOU

Alors que l'on marque le 36e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine, le contexte de l'invasion russe en cours pose à nouveau la question de la sûreté des centrales nucléaires.

Tchernobyl fait l'objet d'une surveillance constante pour éviter les fuites de matières radioactives. Le site a été occupé par les troupes russes pendant plus d'un mois.

A la suite des bombardements, les lignes électriques ont été endommagées. La centrale s'est retrouvée sans alimentation électrique externe, et pendant plusieurs jours, il a fallu utiliser des générateurs diesel de secours.

La centrale compte quatre unités, dont celle qui a été détruite lors de l'accident de 1986. Tout le combustible nucléaire des trois unités qui fonctionnaient encore après l'explosion a été retiré et placé dans un dépôt de déchets nucléaires.
M. Serdyuk, président du syndicat des travailleurs de la centrale

Comme en France, les barres de combustible sont stockées dans de l'eau que l'on fait circuler pour les rafraichir durant des années. Si le courant est coupé,  l'eau ne circule pas, elle pourrait bouillir et le combustible usé commencer à fondre, avec des conséquences graves imprévisibles.

Préserver le sarcophage de protection

Une autre source d'inquiétude concernait la sécurité du sarcophage de protection du réacteur détruit et les restes de déchets nucléaires qui y demeurent. Les dommages subis par le sarcophage pourraient entraîner la fuite de radioactivité.

Une préoccupation pour le monde entier

Les centrales nucléaires sont conçues pour résister à un impact d'une force comparable à celle d'un avion. Mais ce n'est pas la même chose que le bombardement qui a eu lieu à la centrale nucléaire de Zaporizhzhya, centrale ukrainienne, toujours en activité.
M. Serdyuk

La saisie de la centrale nucléaire de Tchernobyl et le bombardement de la centrale nucléaire de Zaporizhzhya soulèvent la question de la sécurité nucléaire, et pas seulement pour l'Ukraine.

Les centrales nucléaires ne devraient pas devenir des cibles pour les militaires, car une destruction même partielle peut avoir des conséquences catastrophiques pour le monde entier.
M. Serdyuk

Une équipe de l'AIEA en Ukraine

Ce qui s'est passé à Tchernobyl [après l'invasion russe] et se poursuit aujourd'hui à Enerhodar [la ville où se trouve la centrale de Zaporizhzhya] est inacceptable. Il faut y mettre fin et nous devons maintenant réfléchir à ce qui peut être fait pour renforcer la sécurité des centrales nucléaires. Nous comptons sur les experts de l'AIEA pour travailler avec nous.
Vladimir Udovichenko, maire de la ville voisine de Tchernobyl

Une équipe de l'AIEA, dirigée par le Directeur général Rafael Mariano Grossi, est actuellement à Tchernobyl pour aider à remettre en service les systèmes de contrôle des données à distance de la centrale que les forces russes ont désactivés en mars, ce qui a empêché le personnel de l'AIEA au siège de l'Agence à Vienne de recevoir les données en ligne de Tchernobyl.
Depuis le début de la guerre, l'AIEA a exprimé de sérieuses inquiétudes quant à la sûreté et à la sécurité des installations nucléaires ukrainiennes.

La présence de l'AIEA à Tchernobyl sera d'une importance capitale pour nos activités de soutien à l'Ukraine, qui cherche à rétablir le contrôle réglementaire de la centrale nucléaire et à assurer son fonctionnement en toute sécurité.
Elle sera suivie d'autres missions de l'AIEA dans cette centrale et dans d'autres installations nucléaires en Ukraine.
Mariano Grossi

Repères

50% de l’électricité produite sur le sol Ukrainien est d'origine nucléaire.
15 réacteurs sont en activité sur 4 sites.


Lire notre article du 4 mars: Guerre en Ukraine, le risque militaire du nucléaire civil


NLR

Publié le