Saison 2025 de la Coquille Saint-Jacques, une ressource en bonne santé mais à ménager
Les évaluations scientifiques confirment la bonne santé de la ressource de la coquille Saint-Jacques pour les deux plus gros gisements français -la Baie de Seine et la Baie de Saint-Brieuc-, alors que la saison de la pêche a démarré officiellement le 1er octobre. Mais la diminution du nombre de coquilles juvéniles (nées en 2024) laisse entrevoir un avenir moins prolifique.
Les résultats des campagnes scientifiques menées cet été par l’Ifremer montrent une situation favorable pour les populations de coquilles Saint-Jacques des baies de Seine et de Saint-Brieuc. Les niveaux observés se maintiennent à des valeurs historiquement élevées. Une bonne nouvelle pour la première pêcherie française, ses 800 navires et ses 3000 pêcheurs.
Baie de Saint-Brieuc : une biomasse disponible estimée à 70 960 tonnes
À l’ouverture de la campagne, la biomasse de coquilles ayant atteint la taille réglementaire (105 mm depuis la saison 2024/25) est estimée à 54 550 tonnes. En intégrant la croissance attendue au cours des prochains mois, la biomasse disponible durant l’ensemble de la période de pêche atteindra environ 70 960 tonnes. Ces chiffres représentent une diminution de 7% par rapport à 2024.
La seule biomasse adulte, indicateur du potentiel de reproduction de la population, est en baisse de 3% par rapport à 2024.
En Baie de Seine entre Barfleur (50) et le cap d’Antifer (76), la biomasse de coquilles de taille réglementaire (110 mm) atteint cette année 119 482 tonnes soit une régression de 13% par rapport aux chiffres records de l’année dernière.
Si les indicateurs sont légèrement en baisse, les populations de coquilles Saint-Jacques dans ces deux baies restent à un niveau élevé grâce aux efforts de gestion mis en place par la filière, avec notamment l’amélioration de la sélectivité des engins (anneaux de drague de 97 mm depuis 2017 en Bretagne Nord généralisée à l’ensemble du territoire français en 2021) et la limitation de l’effort de pêche par des horaires et périodes réglementés.
Nous avons observé une légère baisse du nombre de jeunes coquilles (moins d’un an) par rapport aux années précédentes. Il s’agit de variations inter-annuelles classiques. Cela laisse entrevoir des perspectives de pêche plus limitées pour la saison 2026/27 en baie de Seine, et pour 2027/28 en baie de Saint-Brieuc. Et cela montre également qu’il est important de ne pas augmenter les prélèvements, ni par l’effort de pêche, ni par les quantités prélevées, afin de conserver la stabilité de ces populations sur le plus long terme,
Éric Foucher et Spyros Fifas, chercheurs en biologie halieutique à l’Ifremer