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Révélations sur le Cœlacanthe par l'Ifremer et le MNHN

La France compte la plus importante collection de cœlacanthes avec 27 individus conservés par le Museum national d’Histoire naturelle - photo MNHN - Article AGENDAOU

Les scientifiques de l'Ifremer en partenariat avec le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) se sont penchés sur le poisson le plus ancien, vestige des temps immémoriaux : le cœlacanthe.
Cette espèce quasi-fossile qui vivait déjà à l'époque des dinosaures, vient de livrer ses mystères mais aussi ses fragilités.

Espérance de vie: 100 ans

C'est la surprise des dernières recherches: dans les années 1980, les scientifiques avaient établi la durée de vie du cœlacanthe à 25 ans. Or les nouvelles études montrent qu'elle serait d'un siècle et que sa reproduction se ferait à la moitié de son cycle de vie, vers 55 ans. Quant à sa gestation, elle durerait 5 années!
Cette découverte met en évidence la vulnérabilité de l'espèce : le risque de ne pas atteindre l'âge de reproduction est grand.
Sa longévité est donc aussi sa faiblesse!

Au-delà du mythe, le cœlacanthe prend la place de champion du monde de la gestation, dépassant de loin le record de l’éléphant (3 ans de gestation),
Kelig Mahé, principal auteur de l’étude et responsable de l’unité Ifremer halieutique de Manche-Mer du Nord à Boulogne-sur-Mer

Les écailles, témoins de l'âge

Le MNHN dispose d'une collection de 27 cœlacanthes. L'étude de leurs écailles permet de déterminer leur âge grâce aux nombres de stries à la manière des cernes sur coupe de troncs d'arbres.

A la différence de la seule étude précédente datant de 1977, nous avons utilisé un microscope dit polarisé, qui par un jeu de lumière et de miroirs permet une observation plus fine. Et nous avons découvert 5 à 6 petites stries supplémentaires entre celles déjà identifiées par le passé...

Cette découverte démultiplie l'âge pressenti il y a quelques décennies chez cette espèce de poissons.
Par le même procédé, l'âge de descendants cœlacanthes présents dans les femelles en gestation pu être estimé à 5 ans!
Une véritable révélation!

Tous les indices sont concordants. Comme on pouvait le suspecter, il s’agit bien d’une espèce à croissance lente et à reproduction tardive, une des espèces les plus lentes chez les poissons marins.

La population de cœlacanthes compterait plusieurs milliers d’individus vivant principalement dans le Canal du Mozambique autour des Comores, une zone où la France est bien présente.

Classé parmi les espèces en danger par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), ce témoin ancestral apparait encore plus vulnérable à la lueur de ces révélations.
Autre élément à prendre en compte, le changement climatique et la hausse de la température des océans pourraient avoir un impact sur la croissance des cœlacanthes. De prochaines études vont s'attacher à explorer cette hypothèse.


NLR

Publié le