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Résultats de la grande enquête sur l’usage du vélo sur la Côte d’Émeraude et la Vallée de la Rance

Le Barrage de la Rance, point noir pour les cyclistes -AGENDAOU ©Lamourephoto

Du 21 novembre au 31 décembre, les trois associations d'usagers du vélo du bassin Rance Émeraude - Dinard Émeraude à Vélo, À Vélo Malo et Liaisons douces en Pays de Dinan- ont interrogé leurs adhérents, mais aussi les très nombreux cyclistes de notre territoire sur leur vision des conditions de déplacements à bicyclette.

Le vélo a le vent en poupe: un mouvement national

Partout en France, la pratique du vélo pour les déplacements quotidiens a augmenté de manière étonnante depuis quelques années.
Les vélos à assistance électrique, alternative individuelle et écologique aux transports en communs de courte distance, mais aussi aux déplacements automobiles, y sont pour beaucoup.

Les trois associations du bassin Rance Emeraude

L’association "Dinard Émeraude à Vélo", rejointe par les associations " À Vélo Malo" et "Liaisons douces en pays de Dinan", a mené une grande enquête en ligne (469 répondants) auprès de cyclistes durant les six dernières semaines de 2020. Les participants à cette étude se répartissent sur les trois EPCI correspondants aux associations organisatrices: CCCE,  Saint-Malo Agglomération et Dinan Agglomération.

Qui sont les sondé.e.s ?

Si toutes les tranches d'âge sont bien représentées, il est intéressant de noter que plus de 80% des sondé.e.s sont en âge d'être actifs  et qu'il y a parité femmes/hommes quasi parfaite.
81,4% d'entre eux ont le réflexe systématique de prendre le vélo pour les déplacements parce que c'est plus plaisant et commode, mais aussi parce qu'ils se sentent ainsi plus respectueux de l'environnement.

Le bilan de l'enquête: privilégier les pistes cyclables et un gros point noir, le Barrage de la Rance

Les pistes cyclables sont de loin les aménagements privilégiés par les cyclistes lors de leurs déplacements en ville ou hors agglomération.
A noter que les nombreux ronds-points qui ceinturent les villes de Saint-Malo, Dinard et Dinan ainsi que les routes départementales et leurs intersections sont les endroits jugés les plus dangereux par les cyclistes.
[NDLR: notre pays compte 30.000 ronds-points: 50% de la totalité de ceux construits à la surface du Globe...]

Parmi les points noirs évoqués

  • le dernier tronçon de la Voie Verte entre Saint-Samson et Dinan sans passer par les bords de Rance,
  • la route de l’aéroport entre Ploubalay, Pleurtuit et Dinard,
  • la route entre Pleudihen et Châteauneuf,
  • la route entre Ploubalay et Saint-Jacut,
  • la route entre Le Minihic et Pleurtuit,
  • la route entre Saint-Suliac et Saint-Jouan,
  • le pont sur le Frémur entre Saint-Briac et Lancieux

L'endroit le plus dangereux? Sans aucun doute le franchissement du Barrage de la Rance qui fait l’objet de nombreuses attentes de la part des cyclistes.

Alors que des travaux importants (5,4 millions d'Euros) ont été entrepris récemment pour l'aménagement routier de la rive gauche du Barrage, nombreux sont ceux qui dénoncent un franchissement plus dangereux aujourd'hui qu'avant... une véritable performance.
La construction d’un petit parapet en ciment en bordure de route empêche le cycliste assez téméraire pour s'y aventurer, de pouvoir se mettre en sécurité sur sa droite pour éviter d’être frôlé par les voitures et camions qui le doublent: un véritable coupe gorge!
Morceaux choisis:
«pas fou !», «anxiogène», «trop dangereux», «coupe-gorge pour vélo, même pas de bas-côté», «je le fais mais c’est toujours angoissant», «Je ne suis pas suicidaire !», «Je le faisais en tant qu’ado mais cela me semble un risque inconsidéré aujourd’hui», «On tient à notre vie», «Danger de MORT», «je l'ai fait 1 fois et j'ai eu la peur de ma vie», «Aucune piste cyclable! Honteux étant donné que la route a été refaite il y a peu et étant donné que nous vivons dans une région touristique», «J’ai clairement peur d’y laisser ma vie», «Cela m'arrive mais il faut "serrer les fesses" ![...]»
Les responsables des associations espèrent maintenant que les différents acteurs publics (communes, agglomérations, départements, région) s’appuieront sur ces retours d’expériences forts pour choisir des aménagements cyclables temporaires ou permanents adaptés aux attentes et besoins des usagers de la bicyclette.

En attendant que soit achevée l’étude de faisabilité technique d'un itinéraire cyclable sécurisé entre Dinard et Saint-Malo par le barrage, notre enquête met en lumière les alternatives qui pourraient être déployées en attendant que ce projet soit mené à son terme (deux ans minimum).
Bruno Caline, président de Dinard Emeraude à Vélo

Un frein à l'activité touristique

Sur le site de France vélo Tourisme, on lit: "La Vélomaritime - EuroVelo 4, appelée aussi Véloroute de l’Europe Centrale, relie Roscoff en France à Kiev en Ukraine sur 4 000 km. En France, l’itinéraire [...] offre une expérience maritime à la découverte de perles rares sur plus de 1400 kilomètres de la Manche à la Mer du Nord. De Roscoff en Bretagne, à Dunkerque en Hauts-de-France, la véloroute traverse des sites mythiques tels que la côte de Granit Rose, le Mont-Saint-Michel et sa baie, les Plages du Débarquement [...]. Avec une part importante de voies partagées, c’est un itinéraire vélo idéal pour les cyclistes en recherche d’évasion, de défi, de découverte culturelle et gastronomique."

Cet itinéraire cycliste majeur pour le tourisme évite soigneusement le Barrage la Rance, pour franchir  l'estuaire au niveau de Plouër-sur-Rance, par le Pont Saint-Hubert!
C'est ainsi toute la Communauté de Communes de la Côte d’Émeraude qui est privé d'un flux touristique important. Les stations balnéaires de Dinard, Saint-Lunaire, Saint-Briac-sur-mer, ou encore Lancieux en subissent les conséquences sans que les responsables du tourisme semblent mobilisés sur la question.

Alors que faire?

En attendant des travaux sur la D168, les associations ont imaginé des solutions alternatives pour les cyclistes souhaitant traverser l'estuaire de la Rance.

  • Aménager la ligne de bus n°16 entre la gare de Saint-Malo et Saint-Briac pour pouvoir embarquer les vélos
    66% des réponses sont positives. Cette alternative semble séduire de nombreuses personnes habitant les stations balnéaires desservies par la ligne n°16. Une grande partie des réponses « Jamais » proviennent de personnes domiciliées loin de cette ligne de bus.
    A noter que dans les Côtes d’Armor, 6 lignes sont déjà équipées des porte-vélos et 10 lignes dans le Finistère: voir www.tourismebretagne.com

  • La création d'un service public de "Bus de Mer" entre Dinard et Saint-Malo fonctionnant toute l'année
    Cette solution intéresse 85% des sondés, le plus souvent enthousiastes pour ce trajet qui permet de joindre l’utile à l’agréable ! « C'est selon moi le service idéal pour apaiser la circulation sur le barrage, recréer le lien entre les deux rives et faire en sorte que la Rance redevienne un lien et non une frontière. », « Pour aller au travail à St Malo !! ça serait parfait !! », « Cela me permettrait d'aller travailler en Vélo + Bateau et de ne plus prendre ma voiture ! » [...]
    Autant de réponses qui soulignent les limites du service actuellement rendu par la Compagnie Corsaire, compagnie privée qui propose un service visant principalement les touristes piétons.
    [NDLR: Les passeurs de Rance, devrait également développer ce service prochainement]
  • Un service public de minibus sur le barrage entre le rond-point de la Flourie côté St-Malo et le futur pôle d’échange multimodal à La Richardais, permettant d’embarquer son vélo
    Dans l’attente d’une voie cyclable sécurisée empruntant le barrage, ce service alternatif suscite beaucoup moins de commentaires de la part des participants. Comme il existe peu d’exemples d’un tel service en France, les cyclistes ont probablement plus de difficultés à l’imaginer comme solution temporaire pour franchir la Rance par le barrage.

Pour accéder à  l'intégralité des résultats de l'enquête: cliquez ICI


Philippe Le Roy

Publié le