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Programme Argo, Quel lien entre l'océan et les changements climatiques?

Argo, un réseau de flotteurs pour prendre le pouls de l'océan

2021 est l'une des 7 années les plus chaudes jamais enregistrées. En stockant une partie de cette chaleur, l'océan joue un rôle de modérateur majeur.
Mais quelles conséquences pour son équilibre et la vie qu'il abrite?
Lancé au début des années 2000, le programme international Argo compte aujourd'hui 4000 flotteurs disséminés dans tous les océans de la planète. L'intérêt, mieux connaître le fonctionnement des océans et leur lien avec les changements climatiques .
Afin d'amplifier ces recherches, un budget de 21 millions d’euros a été alloué à Argo France.

Argo, une cartographie de l'océan tous les 10 jours

Tous les 10 jours, le programme Argo permet de recueillir des données de compréhension des océans: une surveillance en temps réel allant de la surface aux différentes profondeurs de la colonne d'eau et obtenue grâce à 4000 flotteurs, des sous-marins autonomes qui suivent les courants.

VOIR la cartographie des flotteurs Argo depuis 20 ans (©Ifremer-Kevin BALEM)

Initialement, ces flotteurs avaient été imaginés pour mesurer température et salinité sur 2000 mètres de profondeur.

Il permettent aussi de valider les données océanographiques collectées par les satellites et d'aboutir à des modélisations de projection océanographique et météorologique.

Plus récemment, les avancées technologiques ouvrent de nouvelles fonctionnalités.

80 nouveaux flotteurs par an

La récente dotation de 21 millions d’euros permettra de financer trois projets portés par l’Ifremer, Sorbonne Université, le CNRS, le Shom et l’Université de Bretagne occidentale et de doter le programme Argo -devenu OneArgo- de 80 flotteurs supplémentaires par an et d'élargir son recueil de données grâce à :
-Des flotteurs classiques
-En développant des flotteurs capables de plonger à 6000 m (Deep Argo)
-Un réseau de flotteurs équipés de capteurs bio-géochimiques (BGC Argo) capables de mesurer l’acidité (le pH), la quantité d’oxygène dans l’eau, la chlorophylle, la lumière, le nitrate.

L'objectif: mieux comprendre le rôle de l'océan sur le climat, la désoxygénation et l'acidification des océans et le cycle du carbone.


Des données abyssales

Capables de recueillir des données jusqu’à 6000 mètres, les nouveaux flotteurs profonds Deep Arvor vont nous aider à quantifier et comprendre comment l’excès de chaleur absorbé par l’océan dû au réchauffement climatique se répartit dans les couches profondes au-delà de 2 000 voire 4 000 mètres de profondeur. Nous pourrons ainsi évaluer l’impact de la dilatation de l’océan profond en réponse à ce réchauffement sur l’élévation du niveau de la mer,
Virginie Thierry, océanographe physicienne à l’Ifremer

A l'échelle internationale, OneArgo représente 4 700 flotteurs -2 500 standards, 1 200 profonds et 1 000 BGC- soit 800 nouveaux flotteurs par an.
La France y contribuera donc à hauteur de 80 flotteurs par an sur 10 ans soit 10 % des efforts internationaux et 30 % des efforts européens.

Pour atteindre les grandes profondeurs, les matériaux devront résister à «une pression 600 fois plus forte à 6 000 m de fond qu’en surface et développer de nouveaux capteurs acoustique et d’imagerie dédiés à la recherche écologique marine», précise Xavier André, ingénieur en instrumentation marine à l’Ifremer.

Ces nouveaux capteurs nous permettront de mieux mesurer la quantité de zooplancton et de petits poissons présents dans la Twilight Zone (la colonne d’eau située entre 100 et 1000 m de profondeur).
Encore méconnue, cette zone joue pourtant un rôle fondamental aussi bien dans la chaîne alimentaire marine que comme pompe à carbone de l’océan, enjeu crucial pour la régulation du climat,
Fabrizio D’Ortenzio, directeur de recherche CNRS au laboratoire d'océanographie de Villefranche - LOV (CNRS-Sorbonne université).

Dans Ifremer-Live, la scientifique Virginie Thierry fait une synthèse très éclairante du programme Argo


NLR - Visuels Ifremer

Publié le