Exposition Estivale à Saint-Malo, Transfigurations de Valerio Adami
Saint-Malo
Grande exposition d’été 2016 à la Chapelle Saint-Sauveur
> Proposée par la Direction de la Culture et des Relations Internationales de la Ville de Saint-Malo
> Commissariat de l’exposition Christophe Penot
©Émilie Hautier
Une Renommée Internationale pour le "plus français des peintres italiens"
Une Année avec Valerio Adami, Transfigurations, une exposition majeure réunissant plus de 70 œuvres - tableaux, dessins, photographies - dans les murs séculaires de la Chapelle Saint-Sauveur.
Que faut-il dire et savoir sur Valerio Adami, immense peintre italien auquel les musées de Turin et de Mantoue ont consacré, l’an passé, une exceptionnelle rétrospective pour fêter ses 80 ans? Manière de marquer, évidemment, une admiration générale.
Cet homme né à Bologne, le 17 mars 1935, n’est-il pas regardé, par nombre d’écrivains et d’historiens de l’art, comme l’un des derniers monstres sacrés?
C’est au point que le Mexicain Carlos Fuente a tenu à saluer, par-delà ses dons formidables d’artiste, une vie fascinante, en tout point romanesque.
Et Octavio Paz, le Prix Nobel de littérature, intervenant ensuite, a parfaitement résumé l’homme et l’œuvre : "Outre le fait qu’Adami est un peintre singulièrement intelligent, sa peinture est intelligente; je veux dire: elle séduit non seulement notre sensibilité, mais notre pensée. Les tableaux d’Adami nous intriguent et nous font penser. Il s’agit d’une peinture qui interroge, chose insolite de nos jours."
Ce que nous dit Valerio Adami:
Je voudrais pouvoir employer les mots "prose" & "poésie", et définir mon travail comme une peinture en prose.
L’élan narratif est essentiel. Mais la forme modifie mes convictions et mes doutes, de même qu’une ligne courbe et une ligne brisée influent sur la signification. Le même objet dessiné avec une ligne continue ou avec un contour brisé se transforme en deux objets différents.
Un peintre finit par se trouver exposer constamment à la surprise.
Si, en peignant, une goutte tombe sur sa feuille, il n’exclut pas de pouvoir l’utiliser. En tout cas doit-il en tenir compte, pour l’effacer ou la redessiner.
En ce qui me concerne, et malgré toutes mes théories, je ne sais dessiner qu’en me servant du hasard.
Comment regarder un tableau?
En saisir la beauté, quelle qu’elle soit. Passer à travers les figures peintes et s’arrêter pour vivre un moment avec elles.
Tous les signes sont par eux-mêmes une définition : marquer un pli, l’anatomie d’un corps, un plan de fuite, un toucher, etc.
Comment définir la tragédie en art, sinon à travers la perfection d’une forme accomplie ? Décision et classicisme, etc.
Dans mon atelier, chaque couvercle porte l’indication de la couleur contenue dans le petit pot qu’il recouvre: vus de haut, disposés ainsi l’un près de l’autre sur le sol, on dirait le clavier d’un grand instrument.
Je voudrais m’appeler Désir et signer ainsi mes tableaux.
Extrait de Valerio Adami, Dessiner. La gomme et les crayons Éditions Galilée, 2002
DCRI Pix Valerio Adami ©Courtesy Galerie Daniel Templon, Paris Bruxelles(2)