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Exposition Estivale à Dinard - Le Festin de l'Art

Dinard

Au fil des ans, les expositions d’art présentées au Palais des arts et du festival ou à la villa Les Roches Brunes se sont inscrites dans la tradition culturelle de Dinard.

En 2014, la Ville de Dinard a confié le commissariat d’un programme estival à Jean-Jacques Aillagon qui a souhaité concevoir
deux expositions. Toutes deux, chacune à sa manière, parlent de la nourriture, de ses ingrédients, de sa préparation, de sa mise en scène et de sa consommation.

Visites guidées :
Sans réservation / lundi et jeudi à 16h / samedi à 11h / dimanche à 15h / adultes / 3 €

Audio-guides en langue française / adultes / 3 €

Pendant des siècles, les artistes se sont intéressés à la représentation de la nourriture, de ses ingrédients, de sa préparation et de sa consommation.
La création contemporaine n’a pas délaissé ces sujets dont elle a su revisiter l’infinie richesse plastique.
Beaucoup d’artistes s’en sont également emparés pour critiquer les aspects les plus alarmants de la "société de la consommation", dont les déviances de la "malbouffe".
D’autres, enfin, ont fait le choix de se servir de la nourriture elle-même comme ingrédient de la fabrication de leurs œuvres, montrant ainsi qu’on peut réellement "faire de l’art avec n’importe quoi".
L’art de notre temps se nourrit ainsi, à la fois, de continuités et de ruptures, d’enracinements et d’innovations radicales. C’est un art vivant.


1- Variations et rebonds

La table, la cuisine et ses ingrédients ont fourni aux artistes de tous les temps des sujets dont ils ont exploré à la fois la puissance plastique mais
aussi la dimension morale et parfois politique.
La représentation de la nourriture leur a permis de jongler avec les formes et les couleurs, avec l’ombre et la lumière, dans d’infinies variations.
La nature morte a souvent été le prétexte à la l’évocation de la vanité des choses, de leur évanescence et de leur corruptible fragilité.
La représentation des repas,celui, humble, des paysans chez Louis Le Nain ou celui, somptueux, des aristocrates chez Jean-François de Troy, a permis de souligner avec force la dimension sociale de la relation de l’humanité avec la nourriture, qu’elle soit abondante ou rare.
La création contemporaine n’a pas délaissé ces sujets.
Bien au contraire, elle s’en est emparée et leur a ouvert, notamment grâce à la photographie, de nouvelles perspectives.

2- Détournements critiques

La culture pop caractérise la société de consommation de l’après-guerre. Les artistes s’emparent des réalités de la vie quotidienne, de leur nouvelle profusion que permet l’industrialisation de la production et de la distribution, pour les ériger en icônes des temps modernes.
Ils les hypertrophient, les accumulent, les déforment, inventant ainsi une nouvelle représentation possible du monde.

3- Une nouvelle cuisine de l’art

La modernité artistique met en cause le caractère rigoureusement codifié des techniques artistiques traditionnelles, peinture, sculpture, dessin et même
photographie.
Les artistes s’approprient des objets et des matériaux de la vie quotidienne pour en faire des œuvres d’art.
En 1875, Degas réalise une jeune danseuse vêtue d’un véritable tutu. En 1913, Marcel Duchamp réalise, lui, un premier « readymade assisté », en associant un
tabouret et une roue de vélo.
Dès lors, les artistes pourront « faire de l’art avec n’importe quoi ». La nourriture même, ses ingrédients et ses restes, peuvent devenir le nouveau médium de la production d’œuvres.

4. La Grande Bouffe et après ?

Pendant des siècles l’humanité a été obsédée par la privation de nourriture et souvent révoltée par l’inégalité de sa répartition.
Ces préoccupations primaires n’ont pas empêché beaucoup de civilisations d’élaborer des règles sophistiquées pour sa préparation et sa consommation comme celles du cacherout de la religion juive avec son cortège d’interdits. L’humanité des temps modernes est confrontée à de nouvelles réalités, celle de la surconsommation alimentaire, celle de l’appauvrissement de la diversité de la nourriture, en un mot, celle de la société de la consommation telle qu’elle s’incarne souvent dans l’hypermarché.
Les artistes, témoins lucides du monde dans lequel ils vivent, rendent compte de ces dérèglements dont celui de la « malbouffe ». Plus que d’autres, ils sont également sensibles à l’unité du monde vivant et à la solidarité qui s’établit à travers la nourriture entre le règne végétal, l’animal et l’humain.
Une œuvre comme Renaissance de Spoerri est, avant même l’affirmation du concept d’écologie, réellement "écologique".

L'exposition "Le Festin de l'art" au Palais des Arts et du Festival sera exceptionnellement fermée mercredi 2 juillet de 14 h 00 à 16 h 00.