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Conférence pour la Nuit des Eglises à Pléven

Pléven

Conférence par Christiane Paurd et Patrick Tournadre.
"L'influence des saints Britons dans l’estuaire de la Rance entre le 5e et le 9e siècles"

L’action se passe du temps des Mérovingiens, entre le 5e et le 8e siècle.
Lors des invasions des pictes, scots et autres barbares dans "l’île de Bretagne" (la Grande Bretagne d’aujourd’hui), nombre d’habitants ont fui vers la "Petite Bretagne" (l’Armorique).
Les "Britons " débarquent ainsi par familles entières et s’établissent le long de la mer et des cours d’eau, dont la Rance.

Certains enfants sont envoyés faire des études dans des monastères-écoles, au Pays de Galles, à Bréhat… et embrassent parfois la condition monastique.
Une fois leur formation terminée, ils partent fonder un ermitage, un nouveau monastère.
Ils prient, guérissent les malades, ressuscitent les morts, exorcisent les possédés, font jaillir des fontaines.
Leur réputation est telle que la population les honore des termes de saint, d’évêque…

Ce ne sont pas seulement les sept fondateurs de la Bretagne: Samson, Malo, Tugdual, Paterne, Pol-Aurélien, Brieuc – et Corentin, le seul né en Armorique;
ce sont aussi Maudez, Tudy, Budoc, Guénolé, Jacut, leur parents et leurs frères et sœurs, Cast, Rieul, Cieux, Valay, Cado, Lunaire, Divy, Carné, Kénan, Armel, Briac, Aaron, Fiacre, Colomban, une fratrie de dix enfants, Ronan, Igneuc, Méen et bien d’autres encore.

Ils pullulent et chacun a laissé sa marque chez nous: le nom d’une commune, la dédicace d’une église, un lieu-dit, une chapelle, une fontaine…

Au 5e siècle, une hérésie menace dans l’île de Bretagne: le pélagianisme.
Le pape envoie Germain d’Auxerre et Loup de Troyes convertir les populations.
Les Britons sont conquis par ces deux grandes figures religieuses et ils importeront leur culte en Armorique, de même que pour Brigide de Kildare et Patrick, les patrons de l’Irlande, ou Alban de Verulam, le premier martyr chrétien de Grande-Bretagne.

Les puissants font cadeau de terres aux saints Britons qui, bons gestionnaires, s’en vont trouver Childebert 1er, Dagobert pour que ces dons soient portés dans les registres du royaume.
Ils sont d’autant mieux reçus que, là encore, ils multiplient les miracles – et ils reçoivent de nouveaux dons.

C’est ainsi que Samson reçut quatre paroisses de l’estuaire de la Seine qui feront partie du diocèse de Dol jusqu’à la Révolution.
On dit que les diocèses bretons trouvent leur origine dans l’histoire des sept saints fondateurs de la Bretagne.
Vrai ou pas, ils ont pris leur nom.
Le diocèse de Dol, métropolitat de Bretagne pendant deux siècles, a repris les ermitages fondés par les disciples de Samson, éparpillés entre le Finistère et la Manche, jusque dans les îles anglo-normandes.
Las! La République et l’Église, voulant franciser la Bretagne et en chasser le paganisme, ont éliminé des saints, leur ont substitué des homonymes d’ailleurs, les ont rayés des calendriers…

Mais aujourd’hui, les Bretons ravivent les cultes d’autrefois.
Faits historiques attestés et légendes se mélangent, se contredisent ou se complètent.
Christiane Paurd et Patrick Tournadre, des habitants du Minihic-sur-Rance, ne se prétendent pas historiens et ne sauraient faire le tri entre le vrai et le faux.

Depuis quatorze ans, ils sillonnent nos communes, visitent, photographient les églises, et ont à cœur de partager leurs découvertes. Dans les édifices eux-mêmes, statues, vitraux, bannières rappellent les saints Britons.