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Changement climatique, pour limiter l'impact des gros navires, L'Ifremer et Blue Fins revisitent les nageoires de baleines

Le foil représenté en vert est fixé à un bras articulé - ©Blue Fins

Comment réduire de manière drastique la consommation de fioul lourd des mastodontes de la mer?
L’Ifremer et la start-up Blue Fins mettent au point des "nageoires de baleines", des foils qui contribueront à diminuer de 20 à 30 % la consommation d’énergie des gros navires... alors que méthaniers, pétroliers, porte-conteneurs, navires de croisière doivent limiter leur impact environnemental.

Queue de baleine

La solution mise au point par la start-up Blue Fins et l’Ifremer devrait arriver sur le marché en 2023: un hydrofoil positionné à l'arrière des navires et qui utilise l’énergie de la houle pour aider à leur propulsion.
Attaché à un grand bras articulé et mis en mouvement grâce aux vagues, il génère alors de l’énergie utile au navire pour avancer, énergie proportionnelle à l'ampleur du mouvement.
Adaptée à celle du navire, la taille du foil sera par exemple de 25m de long sur 10m de large pour un bateau de 300 mètres de long.

Pour aider à propulser le navire, notre système reproduit et combine deux phénomènes physiques: les foils sont comme des ailes d’avion immergées qui soutiennent le navire et réduisent les frottements de la coque du bateau sur l’eau. Leur mouvement, généré par la houle, fait avancer le navire un peu à la manière d’une queue d’une baleine,
explique Olivier Giusti, architecte naval à la tête de la jeune start-up Blue Fins
.

Cette technologie en "queue de baleine" peut diminuer de 20 à 30% la consommation de carburant.
Ce système innovant est rétractable pour être sorti de l’eau en cas d'absence de houle ou d'un excès de vagues. Il peut aussi compléter le gain d’énergie qu’offriraient une aile de kite ou des voiles situées sur le pont sans risque pour le navire.

Le transport maritime très impactant au niveau des Gaz à Effet de Serre

Réduire la consommation de fioul lourd du secteur du transport maritime, le carburant le plus polluant du monde, est un défi environnemental.
Selon une étude de l'Organisation Maritime Internationale sur les gaz à effet de serre (GES), les émissions du transport maritime sont actuellement responsables de 2,5 % à 3% des émissions mondiales. Elles pourraient s'accroître d'ici 2050 de 50 à 250%.

Pour en savoir +

➭ CO2, Oxyde de soufre, l'article de France Info (26 juin 2020) fait le point objectif sur le poids du plus gros porte-conteneurs français
➭ Transport maritime, mondialisation et pollution, voir l'article de France Culture du 9 septembre 2020 France culture
➭ Transport à la voile en plein boom: Voir ce qu'en disait le média Reporterre le 12 janvier 2021
➭ Transport maritime et pollution: l'article de wedemain du 19 septembre 2018

Un projet avec l'Ifremer

Olivier Giusti a rejoint l’équipe du laboratoire "Comportement des structures en mer" de l’Ifremer en 2018 et 2019 pour mûrir son projet, développer sa technologie avec des spécialistes -Marc Le Boulluec et Dominique Le Roux- et la tester en bassin.
Le brevet déposé et détenu par l’Ifremer résulte du succès de ce travail d’équipe.

Une entreprise leader du domaine de l’énergie et sponsor du Citeph (Concertation pour l'innovation technologique dans les domaines des énergies), programme d’accélération de l’innovation dans le domaine des énergies participera au financement du projet Bluefins au côté de l’Ifremer.
Après validation d'une maquette au 1/35ème en bassin à l’Ifremer en 2022, un premier prototype au 1/2 pourrait être testé en mer sur un navire de commerce fin 2023.

Ifremer. Concours Octo'Pousse

Cette expérience réussie a donné l'idée à l’Ifremer de lancer le concours d’innovation Octo’pousse en octobre 2020.
Objectif: booster les projets de création de startup en lien avec l’économie bleue.
Jusqu’au 1er mars 2021, tous les porteurs d'idée originale et prometteuse peuvent déposer leur candidature en ligne.
Les candidatures retenues pourront bénéficier d'un contrat de travail de 18 mois sur le site Ifremer le plus pertinent pour le projet, d'un financement de 60k€ pour faciliter la mise en œuvre du projet, d'un accès aux moyens d’essais, accès à la mer, laboratoires, etc. et d'une collaboration avec une équipe de recherche de l’Ifremer !


Nathalie Le Roy

Publié le