Bardot, Madonna, amours et Cie, Exposition Gérard Guyomard à Saint-Malo
Saint-Malo
Pour sa 44e exposition, le Centre Cristel Éditeur d’Art de Saint-Malo propose un formidable hommage à Brigitte Bardot, signé par Gérard Guyomard, l’un des derniers maîtres de la peinture française.
Un esprit libre, un authentique génie des techniques, qui s’est d'abord patiemment formé au métier de restaurateur dans un atelier parisien.
Son travail? Redonner du lustre et des couleurs à des tableaux anciens que le temps avait ruinés. Des toiles précieuses, jadis réalisées par Philippe de Champaigne ou Vélasquez, qu’il observait avec autant de maîtrise que de respect. Sans négliger ce qui lui valut l’admiration des conservateurs du monde entier: le dépôt et le sauvetage d’une fresque que Max Ernst avait jetée sur un mur, dans la maison de Paul Éluard, à Eaubonne.
Voilà pour les prouesses publiques de Gérard Guyomard… Quant aux prouesses privées, elles naissaient à ses heures perdues. Selon ses termes, des «bricoles faites pour les copains». Seulement, les copains avaient la langue trop longue. Ils criaient leur émerveillement d’une voix trop forte pour ne pas être entendus. Suivirent les premières expositions, en groupe ou en solitaire, en haut de l’affiche.
Soixante années de création! Avant qu’il ne choisisse de poser ses pinceaux, à 88 ans.
Nous en sommes là. Devant un formidable nonagénaire ayant rempli l’espace -et rempli ses jours- d’un indéniable bonheur de vivre. D’où des milliers de toiles et de dessins fortement colorés, savamment cadrés, témoignant tous que Gérard Guyomard reste le seul -absolument le seul- à connaître le secret des matières, le secret des pigments, le secret des liants et des puissants invisibles dont se nourrit la grande peinture. Exceptionnelle autorité, qu’il a utilisée pour signer ce que les critiques ont toujours célébré : une œuvre franchement originale.
Une œuvre mi-onirique mi-satirique, dans laquelle il raconte des histoires sur un mode fièrement fantaisiste. Ainsi pour Brigitte Bardot, fantasme assumé d’une jeunesse, elle aussi, assumée : il l’a multipliée jusqu’à plus soif, dans ses formes et dans son visage, lui suggérant des moues et des poses que le cinéma n’aurait pas imaginées! Mais tel était, et tel demeure, notre bon Gérard Guyomard: un funambule, un équilibriste, un magicien tirant comme un fil, geste après geste, les nombreux filaments composant ses remarquables séries. Série des amoureux avec Roméo et Juliette. Série Madonna. Série Bardot qui a mis un point final à son aventure artistique. Parce qu’il s’agit bien de cela: une aventure artistique. Une création lente, pensée – totale.